
Son souvenir… est comme un livre préféré,
un livre qu’on lit et relit
et n’est jamais refermé….
Albert Samain
Il était une fois une petite fille aux longs cheveux blonds remplie d’énergie et de joie de vivre. Elle était belle comme un cœur et à 5 ans, elle faisait le bonheur des siens en les faisant rire et en leur communiquant son amour de la vie.
En Mai 1990, Marie-Ève se sent épuisée. Elle est si pâle et si fatiguée que ses parents l’emmènent à l’hôpital Ste Justine où les médecins diagnostiquent une leucémie lymphoblastique aiguë. C’est la descente aux enfers pour Marie-Ève et sa famille.
Marie-Ève devra être hospitalisée durant sept semaines afin de recevoir des gros traitements. Puis, c’est la radiothérapie et la chimiothérapie. Pendant deux ans, elle reçoit un traitement de chimiothérapie par semaine en clinique externe. Souvent, elle doit être hospitalisée pour diverses complications à la suite des traitements reçus.
En Août 1994, la maladie réapparaît : première rechute. Tous les espoirs s’effondrent. Elle doit recommencer à zéro, avec beaucoup moins de chances de réussite. Cette fois, les traitements lui causent d’atroces souffrances. Elle demeure hospitalisée jusqu’en décembre. Enfin, c’est à nouveau la rémission. Sa seule chance de survie est une autogreffe de la moelle osseuse. N’ayant pas d’autre alternative, elle souffre en silence pour ne pas inquiéter ses parents, rêvant au jour où elle pourra retourner dans son monde. Finalement, elle retourne à la maison à la fin de février 95. Malgré la maladie, Marie-Ève poursuit des études qu’elle réussit haut la main. Toujours courageuse, pleine de vie, Marie-Ève organise des fêtes. Elle a soif de bonheur. Généreuse et reconnaissante, elle devient porte-parole pour la Croix-Rouge.
Le 8 mars 1996, Marie-Ève a une deuxième rechute. Elle choisit de continuer le combat, animée de la même détermination. Malgré un traitement choc, la maladie réapparaît toujours. Marie-Ève est épuisée physiquement et moralement. Elle n’en peut plus. Malgré son état de faiblesse générale, elle a plein de projets à réaliser. Elle rêve d’aller nager avec les dauphins pour y puiser l’énergie dont elle a besoin pour continuer sa route. Le voyage s’organise, et le jour du départ est fixé au 3 novembre. L’état de santé de Marie-Ève se détériore. Elle quitte la terre le 6 novembre, dans son lit, à la maison entourée de sa famille et de ses chiens.
Ses dernières paroles furent : « Tire fort. » S’adressait-elle au Grand Dauphin pour qu’il la transporte sur son dos vers un monde où les enfants ne souffrent pas ? En douze ans, Marie-Ève a vécu plus énergiquement, plus passionnément, plus intensément et plus généreusement que bien des gens. C’est peut-être pour cela qu’elle nous a quittés si vite. Parce qu’elle avait achevé sa tâche ici.
C’est maintenant à nous d’utiliser toute la joie, l’énergie et la générosité qu’elle nous a communiqués afin d’aider d’autres enfants malades à moins souffrir, à guérir, à vivre. Et c’est précisément pour cela que la Fondation Marie-Ève-Saulnier a été créée.



